Que j'aime le regarder dessiner,
Observer ses petits doigts maladroits.
Que j'aime l'écouter me raconter l'histoire,
Celle qu'il s'est inventée sur le papier blanc.
George Sand et Alfred de Musset ont vécu, on le sait, une folle passion faite d'amour, de déchirements, de séparations et de
retrouvailles...Cette tumultueuse union permettra aux deux écrivains de produire de sublimes textes : Les confessions d'un enfant du siècle de Musset et Elle et lui de
Sand.
Ils entretenaient une correspondance très galante en apparence, mais entre les lignes, on peut lire des petites phrases
bien...libertines.
C'est archi-connu, mais je n'ai pas pu m'en empêcher...!
Lettre de George Sand à Alfred de Musset :
Je suis toute émue de vous dire que j' ai
bien compris l' autre jour que vous aviez
toujours une envie folle de me faire
danser. Je garde le souvenir de votre
baiser et je voudrais bien que ce soit
une preuve que je puisse être aimée
par vous. Je suis prête à montrer mon
affection toute désintéressée et sans cal-
cul, et si vous voulez me voir ainsi
vous dévoiler, sans artifice, mon âme
toute nue, daignez me faire visite,
nous causerons et en amis franchement
je vous prouverai que je suis la femme
sincère, capable de vous offrir l' affection
la plus profonde, comme la plus étroite
amitié, en un mot : la meilleure épouse
dont vous puissiez rêver. Puisque votre
âme est libre, pensez que l' abandon où je
vis est bien long, bien dur et souvent bien
insupportable. Mon chagrin est trop
gros. Accourez bien vite et venez me le
faire oublier. À vous je veux me sou-
mettre entièrement.
Alfred de Musset à George Sand :
Quand je mets à vos pieds un éternel hommage,
Voulez-vous qu'un instant je change de visage ?
Vous avez capturé les sentiments d'un cœur
Que pour vous adorer forma le créateur.
Je vous chéris, amour, et ma plume en délire
Couche sur le papier ce que je n' ose dire.
Avec soin de mes vers lisez les premiers mots,
Vous saurez quel remède apporter à mes maux.
George Sand à Alfred de Musset :
Cette insigne faveur que votre cœur réclame
Nuit à ma renommée et répugne à mon âme.
par nadael
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Fantaisie(s)
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Il y a peu, un documentariste en quête de renseignements sur Arthur Rimbaud (projet de film), met la main sur un article inédit : Le rêve
de Bismarck, datant de novembre 1870. Le poète âgé alors de seize ans a déjà de nombreux écrits à son actif ( parmi eux le très célèbre Dormeur du Val). Nourrissant quelques espoirs dans le
journalisme, il envoie régulièrement, sous le pseudonyme de Jean Baudry, quelques articles au journal Le progrès des Ardennes. Etrangement, Rimbaud a toujours ignoré cette publication.
En pleine guerre franco-prussienne, le poète ridiculise Bismarck en usant avec subtilité de la caricature et de la
métaphore.
En voici quelques lignes :
" C'est le soir. Sous sa tente, pleine de silence et de rêve, Bismarck, un doigt sur la carte de France, médite ; de son immense pipe
s'échappe un filet bleu. Bismarck médite. Son petit index crochu chemine, sur le vélin, du Rhin à la Moselle, de la Moselle à la Seine ; de l'ongle, il a rayé imperceptiblement le papier autour
de Strasbourg : il passe outre(...)
Tiens! un gros point noir semble arrêter l'index frétillant. C'est Paris.
Donc, le petit ongle mauvais, de rayer, de rayer le papier, de ci, de là, avec rage, - enfin, de s'arrêter... Le doigt reste là, moitié
plié, immobile. Paris! Paris! - Puis, le bonhomme a tant rêvé l'œil ouvert que, doucement, la somnolence s'empare de lui: son
front se penche vers le papier; machinalement, le fourneau de sa pipe, échappée à ses lèvres, s'abat sur le vilain point noir... Hi! povero! en abandonnant sa pauvre tête, son nez, le nez de M. Otto de Bismarck, s'est plongé dans le fourneau ardent... Hi! povero! va povero!
dans le fourneau incandescent de la pipe... hi! povero! Son index était sur Paris!... Fini, le rêve glorieux!"(...)
par nadael
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Au fil des mots
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Je repense au jardin de mon enfance...celui dont mon père prenait grand soin, et que ma mère chérissait.
Papa à la bêche, maman à l'arrosoir, petite soeur au bac à sable et moi à la balançoire!
La cueillette des fraises, des framboises, des cerises et des groseilles...la corvée des petits pois à écosser, des haricots à
ramasser...Le petit bouquet garni à composer que nous envoyait chercher maman...
L'odeur de l'herbe fraîchement coupée...les sauts dans la piscine -gonflable-, les bonhommes de neige que ma soeur et moi faisions chaque hiver, prendre nos petits-déjeuners sur la
terrasse...
Se coucher dans l'herbe l'été, à la nuit tombée, en quête d'une étoile filante qui exaucerait nos voeux. Lire un bon bouquin sous le cerisier au fond du jardin, et femer les yeux pour mieux
entendre les oiseaux gazouiller.
Je vais retrouver cet havre de paix ce week-end, nous serons tous ensemble pour célébrer les mamans...quatre générations
réunies.
Je n'ai pas de jardin... qu'un modeste balcon, mais il y aura toujours des fleurs...
"Si vous avez une bibliothèque et un jardin, vous avez tout ce qu'il vous faut". Cicéron
En allant inscrire mon fils à l'école, j'ai vu que les toilettes
collectives -sans séparation- existaient encore! Quel choc! C'est une honte.
A l'heure où l'on parle en haut-lieu de la réforme de l'école maternelle, il serait tant de remédier à ce problème. Parce qu'il s'agit
bien d'un vrai problème! Vous nous imaginez, nous adultes, nous mettre à nu au vu de tous ! C'est un manque total de respect vis-à-vis de nos enfants. Ils ont droit à leur intimité comme tout à
chacun.
De plus, le papier hygiénique n'est pas mis à la disposition des enfants -afin de ne pas boucher les toilettes- nous dit-on. On croit
rêver.
Effarant...
par nadael
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Défouloir
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"L'avenir nous tourmente,
le passé nous retient,
c'est pour ça que le présent nous échappe."
Gustave Flaubert
Ce
fichu temps qui passe... des siècles, des années, des mois, des jours, des heures, des minutes, des secondes qui s'égrènent. Rien ne peut
troubler cette grande horloge qui rythme notre existence.
Pourquoi ai-je l' impression étrange que le temps d'avant passait moins vite? Est-ce l'enfance qui étend à ce point les saisons? Est-ce notre insouciance d'alors qui modifie ainsi le cours du
temps? Peut-être justement qu'avec le temps, on n'en perd l'usage? Les repères nous manquent, et nous voilà déboussolés...!
Sublime mise en images de ce poème ici
L'horloge
"Horloge! dieu sinistre, effrayant, impassible,
Dont le doigt nous menace et nous dit : "Souviens-toi !"
Les vibrantes Douleurs dans ton coeur plein d'effroi
Se planteront bientôt comme dans une cible;
Le plaisir vaporeux fuira vers l'horizon
Ainsi qu'une sylphide au fond de la coulisse;
Chaque instant te dévore un morceau du délice
A chaque homme accordé pour toute sa saison
Trois mille six cents fois par heure la Seconde
Chuchote: Souviens-toi!- Rapide, avec sa voix
D'insecte, Maintenant dit : Je suis Autrefois,
Et j'ai pompé ta vie avec ma trompe immonde!
Remember! Souviens-toi! Prodigue! Esto memor!
( Mon gosier de métal parle toutes les langues.)
Les minutes, mortel folâtre, sont des gangues
Qu'il ne faut pas lâcher sans en extraire l'or!
Souviens-toi que le Temps est un joueur avide
Qui gagne sans tricher, à tout coup! c'est la loi,
Le jour décroît; la nuit augmente; souviens-toi!
La gouffre a toujours soif; la clepsydre se vide,
Tantôt sonnera l'heure où le divin Hasard,
Où l'auguste Vertu, ton épouse encore vierge,
Où le Repentir même ( oh! la dernière auberge! ),
Où tout te dira : Meurs vieux lâche! il est trop tard!"
Charles Baudelaire
Les Fleurs du mal
par nadael
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Divagations
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